Université d'été 2026

La paix, nécessaire à la santé globale – Retour sur quatre journées de réflexion et d’échanges

Mardi 25 août

La paix dans tous ses états

Une réflexion sur le monde politique actuel, les mouvements sociaux et leur influence sur nos parcours professionnels et la construction de nos identités. La journée a également abordé les enjeux de pouvoir et la liberté d’expression.

Marc Garcet — Intro de la journée

La paix est une construction collective qui nécessite des institutions protectrices, une coopération internationale et une action sociale forte. Les professionnels de la santé mentale et du travail social ont un rôle essentiel à jouer : préserver les liens humains, accompagner les personnes touchées par les crises et proposer des alternatives à la violence.

Cette intervention pose le fil conducteur de l’ensemble de l’université d’été : la paix est à la fois une condition du bien-être individuel et un objectif politique, économique et social.

Geoffrey Grandjean — Le bonheur en partage : La communalisation comme idéal politique

Le bonheur collectif et la paix sociale supposent une organisation politique plus participative, plus égalitaire et davantage tournée vers le bien commun.

Réenchanter le monde signifie ne pas se résigner aux inégalités ou aux crises, mais rechercher collectivement de nouvelles façons de décider, de partager les ressources et d’organiser la vie en société.

Michel Hermans — La géopolitique bousculée par le président américain Donald Trump

Les changements de la politique américaine contribuent à transformer les équilibres internationaux et obligent l’Europe à repenser sa place dans le monde.

Cette intervention souligne indirectement que la paix repose aussi sur la prévisibilité des relations internationales, la solidité des alliances et la capacité des États à privilégier la coopération plutôt que la confrontation.

Mercredi 26 août

La paix sociale à l’épreuve des mutations politiques

Une journée consacrée aux transformations du monde du travail et à leurs conséquences pour les professionnels et les usagers du secteur social. Les échanges ont permis de réfléchir aux pratiques d’accompagnement et aux pistes d’action face à ces évolutions.

Luc Vandormael — Introduction

La paix sociale dépend de la capacité d’une société à répondre aux besoins de ses membres sans transformer l’aide en instrument de jugement moral ou de contrôle.

Pour les professionnels du social, cette perspective invite à examiner les dispositifs d’accompagnement au-delà de leurs objectifs affichés : favorisent-ils réellement l’autonomie et la dignité, ou imposent-ils des contraintes qui renforcent la précarité ?

Joffroy Hardy — Intervention sur le travail, l’insertion et l’accompagnement social

L’insertion sociale et professionnelle ne se mesure pas seulement au respect d’un parcours administratif ou à l’entrée dans un emploi : elle doit être évaluée à partir des possibilités réelles d’autonomie, de dignité et de participation sociale qu’elle offre.

L’insertion sociale ne peut réussir sans une alliance réelle entre le secteur social (associations, formation) et les entreprises — mais cette alliance exige de transformer profondément les deux mondes : former autrement les publics éloignés de l’emploi, et éduquer les entreprises à accueillir autrement, en dépassant les préjugés et les logiques purement gestionnaires.

Jeudi 27 août

Une journée autour des discours politiques, des opinions divergentes et de la manière d’y faire face. 

Repérer les effets du populisme et de l’extrémisme dans les pratiques quotidiennes, tout en préservant sa capacité d’analyse, de dialogue et de respect des personnes.

Pour prévenir l’extrémisme violent, il ne faut pas chercher à réfuter frontalement les croyances radicales, mais à comprendre la logique interne cohérente de la personne, identifier ses valeurs profondes (souvent prosociales), et « ouvrir des portes » — c’est-à-dire élargir son horizon de sens — plutôt que de « fermer la porte » qu’elle a empruntée.

La prévention primaire de l’extrémisme passe par la promotion d’une citoyenneté suffisamment attractive pour rendre les offres extrémistes « pas intéressantes » — et par un accompagnement qui déconstruit sans détruire, en respectant la cohérence interne de la personne pour l’amener à dépasser elle-même la solution simpliste qu’elle avait adoptée.

François Debras — Populisme et extrémisme

L’extrême droite ne progresse pas uniquement par les élections : elle peut aussi influencer les représentations collectives en diffusant des mots, des récits et des oppositions qui finissent par paraître naturels.

Vendredi 28 août

Guerre et traumatismes

Pour clôturer ces quatre journées, les interventions ont porté sur les traumatismes liés à la guerre, l’accompagnement des personnes touchées et les moyens de préserver l’espoir et de se projeter dans un avenir positif, malgré les difficultés.

Tchingiskhan Oumarkhadjiev — Intervention sur les traumatismes de guerre et leurs conséquences psychiques

Soigner les traumatismes de guerre, c’est reconnaître que la guerre est un produit des organisations humaines — et que la guérison passe nécessairement par la reconstruction d’un monde commun où la violence n’est plus le principal mode de résolution des conflits.

Dr Luc de Keersmaecker, psychiatre, sur « Accueillir le trauma et la réponse face à la guerre »

Face à la guerre comme entreprise de déshumanisation systématique, le psychiatre a un devoir : voir l’horreur sans se détourner, nommer le trauma sans le banaliser, et soigner en restaurant l’humanité là où elle a été délibérément brisée — sachant que cette restauration peut même agir sur les générations futures.

Bernard Jacob, chargé de direction stratégique à l’INSERM

La guerre ne se joue pas seulement sur les lignes de front militaires, mais aussi sur une “ligne de front invisible” : celle du développement psychique des enfants. Et pourtant, même au cœur de l’horreur, la résilience existe — elle se construit dans le quotidien, par le jeu, l’école, les liens humains, et par des acteurs comme Natalia qui incarnent l’espoir.

Natlia PISKOVA School of Joy

L’École de la Joie” démontre qu’en pleine guerre, l’éducation peut devenir un acte de résistance : en apprenant aux enfants à réguler leur corps, à se reconnecter aux autres, à créer et à cultiver la gratitude, on ne soigne pas seulement des traumatismes — on reconstruit la capacité d’habiter un monde commun, même quand tout s’effondre autour.

Les enfants dans la guerre : trauma et résilience
Des Balkans à l’Ukraine

Présentations de Natalia Piskova et Bernard Jacob

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